Texte critique
Extrait du texte écrit pour le catalogue de l’exposition « Nuits mouillées », 2023.
Il y a chez John Damage une patience qui tient de l’obstination. Ses rues de nuit ne racontent rien : personne n’y court, rien n’y arrive. Elles attendent. Et c’est précisément cette attente que l’image retient, comme on retient son souffle.
Ses photographies ne cherchent pas l’instant décisif. Elles cherchent l’instant d’après, quand tout est redevenu calme.
On aurait tort d’y voir de la mélancolie. Il s’agit plutôt d’une forme d’attention, presque d’une politesse envers les lieux : ne rien leur demander, et les laisser venir.